Cœur de glace

Parce que jusqu’à présent j’ai été incapable de laisser partir quelqu’un malgré le mal qu’on pouvait me faire. La peur de cette solitude émotionnelle. La peur de l’abandon et de l’inattention de l’autre. Une peur viscérale, au point d’en accepter trop souvent l’inacceptable.

Parce que j’ai les yeux grands ouverts et la lucidité de voir ce qui se profile devant moi, souvent même bien avant que ça ne se produise. Pourtant, cette ivresse m’handicape et me rend incapable de faire des choix réfléchis et constructifs. De faire des choix censés.

Parce que j’ai toujours voulu adopter une ligne de conduite irréprochable. Être la parfaite petite amie ou bien le reflet de ce que je recherchais. Pourtant, cette fille-là est bien loin d’être parfaite. Cette fille-là est jolie à regarder dans un coin, mais jamais à mettre sous la lumière.

J’ai toujours pensé qu’il y avait des filles que l’on désire et des filles que l’on aime. Mon histoire m’a jusqu’à présent montré que je suis une fille qu’on désire. Celle qui a ce petit truc différent des autres qui pousse à la vouloir pour une nuit, pour un temps. Mais je ne suis pas la fille qu’on aime.

Mais oui, tu sais bien, cette fille-là pour qui on donnerait tout. Cette fille-là pour qui on se surpasse, pour qui on risquerait tout. Je suis la fille d’une nuit, mais pas encore la fille d’une vie. Alors peut être bien que moi-même je ne me tourne pas vers le bon profil d’hommes.

En fait, c’est d’ailleurs une certitude. J’ai toujours été poussée par des hommes « complexes ». Ces hommes que je veux sauver, pour qui je pense pouvoir avoir un impact positif. Ces hommes qui ont eux aussi cette petite différence qui me rend faible, jusqu’au point de me briser.

J’ai passé des années à reproduire inlassablement les mêmes schémas autodestructeurs dans mes relations. Emprisonnée dans des relations qui ne me correspondaient pas, qui ne me rendaient pas heureuse. Pourtant je restais, parce que je n’avais nul part où aller.

Je n’ai jamais souhaité qu’aimer et être aimée en retour. Éternelle romantique, un peu naïve, qui se remplit de drames et de passion. Je veux un amour vibrant, un amour vivant. Mais je ne me projette que vers des coquilles vides, incapables de me donner l’amour que je mérite.

Aujourd’hui, j’ai un cœur de g l a c e. Un cœur froid, meurtri, méfiant. Je n’accorde ni ma confiance ni le bénéfice du doute. Je suis devenue intransigeante et n’hésite plus à couper court à toute forme de relation jugée malsaine, hypocrite. Peu importe la souffrance que ça m’inflige.

Je veux devenir une fille qu’on aime, une fille pour qui on se bat. Mais j’ai aussi compris que cette fille-là le sera une fois qu’elle l’aura trouvé, l u i. Et j’ai une foi inébranlable en l’idée que ce  l u i  sera le seul capable de faire fondre ce mur de  g l a c e.

« J’aimerais que quelqu’un m’attende quelque part ».

Moi aussi, je t’attends.

2 commentaires sur “Cœur de glace

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